Ne confondons pas une personne bilingue et un traducteur !


Extrait d'une interview de Mathias Levarek menée par Daniel Kross, Service des relations publiques de http://www.mseo.com

DK : Quelle est la plus grave erreur faite par ceux qui font appel à une agence de traduction ou à un traducteur indépendant ?

ML : On fait souvent la confusion entre une personne bilingue et un traducteur.

DK : Que voulez-vous dire ?

ML : J'entends souvent mes clients et mes prospects potentiels dire : « Je vais faire traduire ce document par ma femme. Elle est originaire du Mexique... » Ou bien : « Je vais demander à mon beau-frère de revoir votre traduction en chinois... Il est né en Chine, » etc. Tout ce que je peux dire, c'est que si une personne est née et a grandi aux États-Unis, on ne peut pas nécessairement faire totalement confiance à ses capacités rédactionnelles en anglais ! Ce n'est pas parce qu'une personne est originaire de France qu'elle peut prétendre être un traducteur français qualifié... Qui sait si ses notes n'étaient pas en dessous de la moyenne pendant sa scolarité en France !!! En ce qui me concerne, le fait qu'un individu soit bilingue n'implique pas qu'on puisse le qualifier de traducteur.

Aux États-Unis surtout, où résident peu de polyglottes, si une personne est bilingue, on pourrait généralement penser qu'elle est capable de traduire de l'anglais vers sa langue maternelle… Belle erreur !

DK : Comment peut-on évaluer la qualité d'une traduction ?

ML : Faire des commentaires au sujet d'une traduction est quelque chose de très arbitraire. Les phrases peuvent être rédigées de différentes manières. Les langues comme le français, l'allemand ou le russe ont une « base de données de vocabulaire » bien plus étendue que l'anglais, par exemple. Et cela augmente « l'effet de levier sur les synonymes » pour les experts en matière de traduction. Dans la plupart des cas, il n'y a pas qu'une seule et unique façon absolument correcte de traduire un texte spécifique.

DK : Comment définiriez-vous un bon traducteur ?

ML : La traduction est un art. Même une personne extrêmement qualifiée dans sa langue maternelle peut ne pas nécessairement être un bon traducteur. Je connais d'excellents rédacteurs bilingues qui détestent simplement traduire... Qui peut faire du bon travail sans un peu de passion pour ce qu'il fait ?!?
Un bon traducteur sait comment paraphraser, tout en respectant le contexte idiomatique. Mon expérience de travail avec des traducteurs pendant de nombreuses années me pousse à dire une fois encore que l'expérience fait toute la différence !

Nous le savons tous, une traduction ne peut être littérale : pour obtenir la précision culturelle, le texte doit être réévalué et les phrases doivent être remaniées. En d'autres termes, un traducteur ne doit pas seulement être un bon rédacteur, il doit aussi connaître les ramifications culturelles impliquées dans chaque traduction spécifique.

DK : Alors, que recommandez-vous ?

ML : Lorsque vous engagez un nouveau traducteur, je vous recommande vivement de considérer une personne qualifiée pouvant vous montrer un portefeuille d'activité de 100 000 mots et plus. Vérifiez ses références. Faites une recherche sur Google pour voir si son nom apparaît. Cette personne devrait, en effet, avoir une présence sur divers blogs et forums liés à la traduction...
Un autre petit conseil : lorsque vous recevez votre traduction en japonais, ne demandez pas à votre « bon copain japonais » d'en vérifier la précision... Dans la plupart des cas, cet ami n'a pas forcément les compétences pour évaluer la qualité d'une traduction.

DK : Un autre conseil encore peut-être ?

ML : Oui. Ne cherchez pas à faire la meilleure affaire qui soit ! Les bons traducteurs sont en général des individus instruits qui ont reçu une formation et leur travail mérite une rémunération convenable.

DK : Recommandez-vous de travailler avec des agences de traduction ou des traducteurs indépendants ?

ML : C'est un choix très personnel... Je sais que des entreprises bien établies, financièrement parlant, préfèrent généralement travailler avec des agences de renom pour les garanties qu'elles offrent... Mais ne rêvons pas : sur le plan de la qualité de la traduction, travailler avec une agence ou bien avec un traducteur revient généralement au même. En fait, les agences de traduction sont généralement des entreprises qui ont établi de bonnes relations avec des traducteurs indépendants !

DK : Lorsque la traduction d'un site Web est envisagée, quelle est votre priorité ?

ML : J'ai le privilège de travailler avec des traducteurs qui rédigent leurs textes dans leur langue maternelle et qui ont été formés pour le référencement, compétence qui devient de plus en plus nécessaire quand on envisage la traduction d'un site Web. Nous savons tous que, dans le contexte actuel d'Internet, c'est principalement le contenu d'un site Web qui conditionne son éligibilité de classement. Pour dire les choses autrement, c'est un véritable art que celui de parfaire une traduction pour en faire un texte convivial pour le référencement. Si les bons traducteurs qui s'y connaissent en référencement sont des « perles rares », il y a quand même des coins de ciel bleu puisque de plus en plus de professionnels sont formés chaque jour ! Même s'il est trop prématuré pour faire une prévision ou si je suis purement et simplement de nature optimiste, je pense que d'ici la fin de l'année 2008, il y aura un nombre important de professionnels sur le marché de la traduction spécialisée pour le référencement.

Mathias Levarek, Ph.D.
Pour http://www.mseo.com

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